• Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l’homme juste est aussi en prison.


    La désobéissance civile, Henry David Thoreau

  • Certains êtres humains perdent le meilleur de leur vie mais ils continuent car ils ont l’habitude d’obéir depuis toujours. L’obéissance est devenue leur seconde nature. Ils obéissent sans savoir pourquoi, simplement parce qu’ils savent qu’ils doivent obéir. Obéir, se nourrir et survivre, voilà le triptyque qui domine leur vie. Ils obéissent à leurs maîtres, à leurs patrons, à leurs propriétaires, à leurs marchands. Ils obéissent au désordre et aux forces du désordre. Ils obéissent à tous les pouvoirs car ils ne savent rien faire d’autre. La désobéissance les effraient plus que tout car la désobéissance, c’est le risque, l’aventure, le changement. Mais de même que l’enfant panique lorsqu’il perd de vue ses parents, ces esclaves sont perdus sans le pouvoir qui ils ont créé. Alors ils continuent d’obéir.
    C’est la peur qui a fait d’eux des esclaves et qui les maintient dans cette condition. Ils courbent devant leurs maîtres, ils acceptent cette vie d’humiliation et de misère par crainte.

  • À force d’obéir, on obtient des réflexes de soumission

  • La relation maître-esclave est rarement une relation un pour un. C’est le plus souvent un maître et des esclaves. Cette domination numérique des esclaves est déterminante et plus les esclaves seront nombreux, plus le maître devra s’adapter à eux pour en être compris et obéit (Hegel dans La Phénoménologie de l'Esprit). La seule différence dans le cas réel, c’est que les esclaves ont l’illusion de choisir eux-mêmes le maitre qu’ils devront servir. Le choix a fait d’eux les complices de la tyrannie qui les opprime. Ils ne sont pas esclaves parce qu’il existe des maitres mais il existe des maitres parce qu’ils ont choisi de demeurer esclaves.

  • Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles